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Aujourd’hui, petit coup de gueule… Lettre à notre chère Education Nationale

Par , le 5 Jan 2017 dans Divers | 0 Commentaire

Marjorie Bellanger-Berthelot Share On GoogleShare On FacebookShare On Twitter

Ma chère Education Nationale,

Je t’écris ces quelques lignes car je m’inquiète pour toi. Il y a encore quelques années, je ne me serai jamais permise de te tutoyer, mais, aujourd’hui je n’ai plus grand respect pour toi. J’en ai pour tous ces directeurs d’établissements, tous ces enseignants qui te maintiennent la tête hors de l’eau. Toutes ces femmes et hommes de terrain qui couvrent ton incompétence pour un salaire de misère. Mais, le jour où ils feront la grève du zèle, où ils renonceront par épuisement, que deviendras-tu ?

Que t’arrive-t-il ? Que veux-tu pour nos enfants ? Tes programmes scolaires se réduisent comme une peau de chagrin, tes enseignants sont recrutés à la va vite et pas formés. Est-ce que tu te rends compte que tu emmènes notre société droit dans le mur ? Je te fais part de quelques dysfonctionnements juste inadmissibles.

Aujourd’hui, nos enfants peuvent avoir comme enseignants des stagiaires, sans titulaire chevronné pour les épauler. Oui je sais , tu envoies des maitres formateurs suivre ces jeunes débutants dans la classe quelques jours durant l’année, mais cela ne suffit pas. Pour comparer avec le système de santé, c’est comme si à l’hôpital, on était soigné par deux externes sans superviseur… Léger non ?

Tu prônes l’égalité des chances, mais dans la pratique tu ne l’offres pas. Dans les académies où il faut beaucoup de postes d’enseignants, on obtient son concours sans avoir la moyenne, un 5 suffit… Alors que dans une académie où il y a moins d’offres de postes, le dernier étudiant recruté aura 12 de moyenne… Tu trouves cela juste ? Un élève de primaire en Bretagne aura un meilleur enseignant qu’un élève de l’académie de Créteil… L’égalité n’est déjà pas respectée au moment du concours.

Offrir l’égalité des chances à tous, c’est une fierté nationale, que l’on doit à tous prix revendiquer. Mais inutile pour cela de tirer le niveau vers le bas afin que tout le monde y arrive. L’égalité des chances, c’est au départ, ensuite chacun évolue avec son potentiel et ses envies. Et heureusement que nous sommes tous différents, tous attirés vers divers domaines. 88% de réussite au baccalauréat c’est une aberration… Résultat, les études supérieures sont dévalorisées, une licence ne vaut plus rien. Tu n’as toujours pas compris qu’il fallait favoriser aussi l’alternance et les filières professionnelles qui ne sont pas des voies de garage. Avec ta politique, c’est le bac la voie sans issue.

Trouves-tu cela juste de laisser nos enfants sans professeurs ou instituteurs de longues semaines durant l’année scolaire ? Ou de les laisser avec une personne défaillante ? Quelqu’un qui crie, pleure, insulte, crache dans la classe, fait des fautes d’orthographe, ne sait pas compter, car c’est ça la réalité de terrain ! C’est normal ? Il est en poste donc on le laisse. Pire, même quand il est en stage, on le laisse et tu le titularises… Car « on » a promis des embauches, quitte à placer des incompétents. Encore une fois, si des externes ou internes nous soignaient mal, nous serions tous à crier au scandale. Mais là, les parents se taisent. Tu as trouvé l’astuce : tu les achètes en mettant des bonnes notes, en donnant le bac… Comme ce professeur à qui le principal du collège a demandé de remonter ses notes. Les évaluations données étaient du niveau des élèves mais les élèves n’avaient pas le niveau… Pourquoi ? Juste pour pouvoir te vanter d’avoir de bons résultats dans les classements européens… Ridicule.

Alors voilà pourquoi je m’inquiète. Le niveau de tes programmes baisse et le niveau des professeurs aussi. Tu ne valorises pas ton personnel de terrain, j’entends par là les instituteurs, professeurs, inspecteurs de circonscription… Alors oui, tu fais des nouvelles réformes comme les activités périscolaires. Mais là aussi tu n’assumes pas. Tu repasses le dossier aux municipalités et encore une fois, tu fusilles l’égalité des chances. Toutes les villes et villages de France ne peuvent pas offrir les mêmes activités. Tout est question de budget et de zone géographique. Tu aurais plutôt dû les aider à financer des équipements informatiques, non ?
Un conseil : commence par bien maitriser les fondamentaux. Recrute suffisamment d’enseignants, et valorise leur salaire pour donner envie de venir dans ton institution quand même, équipe les écoles, et après tu t’attaqueras au périscolaire…
Si je peux t’aider à te remettre dans le droit chemin, je suis disponible. Mais fais vite car les inscriptions dans les écoles privées augmentent, tout comme les créations d’école hors contrat ou alternatives… Si j’étais toi, j’y verrai comme un signe.

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