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Stress et hospitalisation, remarques à nos amis soignants

Par , le 20 Mar 2016 dans Divers | 0 Commentaire

Marjorie Bellanger-Berthelot Share On GoogleShare On FacebookShare On Twitter

Chers amis chirurgiens et soignants,

Je n’ai rien contre vous, bien au contraire. Vous êtes là pour nous sauver de nos divers maux, et,
à ce titre, nos destins sont étroitement liés. Mais est-ce une raison pour être si distant voire parfois méprisant ? Oui, nous savons, vous devez vous protégez, ne pas vous laissez aller dans le monde impitoyable de l’affection… Mais un peu d’empathie, est-ce incompatible ? Se retrouver à l’hôpital, même pour une opération bénigne, est toujours un peu inquiétant. Oh, au plus profond de nous, nous savons que cela va aller mais on ressent quand même la petite pointe d’anxiété. Ce petit sentiment désagréable ne fait que s’amplifier au fil du temps. Nous voilà déguisés en malade, chemise d’hôpital, plus de sous vêtement…. Nous avons perdu notre identité, sommes devenus le symptôme, l’opération numéro xxx dans votre emploi du temps. On nous descend ou monte au bloc. Et là, on découvre que les portes laissent passer notre brancard au millimètre près. Forcément, il y a quelques heurts… J’imagine le patient qui fait 110 kg et qui a mesure 20 cm de trop par rapport à la taille du lit… Le voyage doit être tumultueux. Le brancardier est trop pressé et marque le passage à la déshumanisation. Puis c’est l’attente dans les couloirs. Tous les brancards sont en rang d’oignon, nous attendons notre tour. Petite perfusion posée vite fait dans le couloir, c’est déjà cinq minutes de gagné.
Arrivée dans votre sanctuaire, le bloc. Transfert chaotique sur la table d’opération. Et là, on redemande trois fois si on est bien l’opération xxx. Les infirmières s’activent, préparent tout pour votre entrée. Le malade attend, allongé parmi les ustensiles, il fait parti du décor.
Et quand vous passez la porte, pas un mot. Oh, un simple « bonjour Madame, c’est moi qui vais vous opérer » m’aurait suffit. Vite, faut dormir maintenant. Et le réveil est tout aussi impersonnel. On s’entasse dans une salle. Les réveils se font comme les opérations, à la chaine.
On reprend conscience au son de la voix des infirmiers, enfin au son de leur discussion personnelle…
Je comprends que nous sommes beaucoup à devoir être soignés et que le planning est chargé. Mais je demande juste un peu plus d’humanité. Etre considéré comme une personne et pas comme un symptôme ou un bout de viande à charcuter. Amis soignants, n’oubliez jamais que vous soignez la femme, la mère, le fils, l’ami de quelqu’un . Bref vous soignez un être humain avec son histoire, sa personnalité. Arrêtez de dépersonnaliser à ce point tous ces actes médicaux. Pensez qu’un simple « bonjour » peut être apaisant. Merci d’être de très bons techniciens, mais à l’avenir, faites un effort sur le relationnel…

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